COMMUNE DE GEDINNE



LES CHEMINS FORESTIERS ET LA PROBLÉMATIQUE DU PASSAGE DES GUÉS EN ZONE NATURA 2000


PLANS DE DÉTAIL DE L'EMPRISE NATURA 2000 EN ZONES DE RUISSEAUX ET RIVIÈRES :

10000 - La Houille en aval de Gedinne.

10013 - La Hulle à Willerzie, le ruisseau du Moulin (10017) et le ruisseau des Rousseries (10019).

10014 - Le ruisseau Gros Bois à Bourseigne Neuve.

10023 - Le ruisseau du chemin de Louette à Willerzie et le ruisseau de Nablet à Rienne.

10024 - Le ruisseau des Durets et l'étang de Coubry à Willerzie.

10032 - Le ruisseau Feleuwe.

10033 - Le ruisseau de Malvoisin.

10038 - Le ruisseau de la Plate Pierre à Houdremont.

10039 - Le ruisseau des Quelles, l'étang de Boiron et le ruisseau de Boiron.

10040 - Le ruisseau des Vieux Prés.

10042 - Le ruisseau de Barbais, le ruisseau de Grand Foi (10046) et La Houillette (10035).

10043 - Le ruisseau l'Eau au Pont dans les Vieux Prés de Louette Saint Pierre.

10041 - Le ruisseau de Burhé en amont de Cocole.

10041 - Le ruisseau de Burhé dans la Thibautienne.

QUELQUES DÉFINITIONS :

• Le passage à gué est un passage peu fréquent ou occasionnel à même le lit d’un cours d’eau;
• Le pont est une structure munie d’une surface de roulement (tablier) qui repose sur des assises;
• Le ponceau se compose d’un tuyau servant à canaliser l’écoulement de l’eau sous un remblai.
Dans tous les cas, il s’agit de structures ou d’aménagements qui permettent le passage dans ou au-dessus d’un cours d’eau. La planification de ce type d’aménagement doit veiller à minimiser les impacts sur les habitats fauniques, ainsi qu’à éviter la destruction des berges et la modification du cours de l’eau. Le choix de l’un ou l’autre de ces aménagements dépend de différents facteurs tels que la grosseur du cours d’eau, l’utilisation que l’on désire faire de ce passage et le coût de réalisation.

EXEMPLE D'AMÉNAGEMENT D'UN GUÉ POUR LE PASSAGE DE PIÉTONS.



PONTAGE EN LONGERONS DE BOIS RONDS POUR LE DÉBARDAGE.



ABATTAGE ET DÉBARDAGE :

Avant même d’acheter une coupe, il est important de vérifier si le franchissement d’un cours d’eau est nécessaire pour débarder les bois ou circuler sur la parcelle avec des véhicules qui peuvent provoquer une pollution des ruisseaux ou rivières par la perte d'hydrocarbures et d'huiles minérales.
Plusieurs éléments sont à prendre en compte:
• Existe-t-il d’autres possibilités pour débarder les bois ?
• Quelles sont les autres voies de desserte de la parcelle ?
• Y a-t-il un moyen de contourner le ruisseau ?
• La taille du chantier ne justifie-t-elle pas la construction d’un ouvrage permanent ?

Le franchissement temporaire d’un cours d’eau, par le moyen présenté ci-dessus, ne doit être envisagé que pour de petites parcelles avec un volume de bois à sortir faible. Si le chantier a une taille importante, il faudra réfléchir avec le propriétaire à la mise en place d’une structure pérenne de franchissement (pont, passage busé, etc.) qui pourra être amortie lors de la coupe et des interventions ultérieures sur la parcelle, comme l'exemple ci-dessous.
• L’ouvrage installé sera-t-il vraiment temporaire ?
Afin de perturber un minimum le cours d’eau et la faune piscicole, il est important que la structure envisagée reste en place le moins de temps possible. Une fois l’ouvrage enlevé, il faut veiller à tout remettre en état. La présence d’ornières ou des travaux réalisés auprès du cours d’eau ne doivent pas engendrer une pollution de l’eau par ravinement ou par orniérage.

PONT EN LONGERONS DE BOIS RONDS.





LE BON ÉTAT DES SOLS EST ESSENTIEL POUR LA DURABILITÉ DE LA FORÊT

Des sols sains constituent en effet un système doté d'une forte capacité à assurer leur propre conservation et remplissent l'ensemble des fonctions du sol.
Le passage répété d'engins forestiers cause des dégradations profondes et durables qui portent atteinte aux fonctions vitales du sol. La réduction du volume et du réseau des pores entrave la circulation de l'air et de l'eau dans le sol, or celle-ci est une condition essentielle de la fertilité. Dès le premier passage d'engins, non seulement les horizons supérieurs du sol sont compactés et déformés; le poids souvent très important des engins et la répartition dynamique des pics de charge lors des passages ont également des effets en profondeur.
Que peut-on faire pratiquement ?
• Chercher un compromis entre le souci d'efficacité lors de la récolte du bois et l'application d'objectifs à fixer en matière de maintien de la fertilité du sol.
• Définir des aides à la décision pour fixer les conditions d'utilisation d'engins ménageant les sols forestiers et pour élaborer la planification de la desserte de détail.
• Définir les conditions de circulation et les réglementations techniques en fonction des sites.
• Tester l'utilisation de technologies modernes, le recours à des mesures incitatives et la mise en œuvre d'une analyse de coût-efficacité.
• Développer des stratégies de prévention au niveau de la planification et de la réalisation des travaux.
• A moyen terme, rédiger des recommandations pour encourager l'application de mesures favorisant la régénération.


L'humidité du sol doit être connue avant de décider d'engager des engins. Selon les conditions météorologiques, il convient donc de la mesurer sur le site d'exploitation. Plus un sol est humide, plus il sera sensible aux charges. Après un épisode pluvieux, il est donc préférable de reporter si possible de plusieurs jours les intervention prévues sur des sols sensibles, et de n'entreprendre que des interventions sur les sols les moins fragiles. Il est cependant délicat de prévoir les dégâts, ou d'estimer et de justifier les valeurs limites – par exemple la teneur maximale en eau du sol permettant le passage d'engins.
Les dégâts dus au passage d'engins ne se régénèrent souvent qu'après un délai très long. Dans certains cas, ils peuvent même être quasi irréversibles. Pour des sols fortement endommagés, des mesures d'assainissement appropriées pourraient faciliter ou accélérer la revitalisation. Ces mesures doivent encourager les processus naturels de régénération.

Ci-dessous une vidéo du cantonnement de Bullange [Vu dans Forêt-Mail N°98 (Mai 2013)] montrant les méthodes à suivre pour exploiter les gros bois en présence de régénération. Un parfait exemple d’une exploitation délicate, mais possible, et surtout respectueuse des sols et de la régénération.
• Délimiter à la peinture les layons de débardage, d’une largeur de 5 mètres et distants de 40 mètres.
• N'utiliser que ces seuls accès pour l’abatteuse et la débardeuse qui concentreront les tassements sur ces layons et préserveront ainsi le reste du peuplement.
• Abattre manuellement les arbres à couper, de plus de 30 mètres de hauteur, en direction des layons, ce qui aura pour effet de faciliter la sortie des bois, tout en préservant les îlots de régénération naturelle d’une largeur d’environ 7 mètres.
• L’ébranchage se fait ensuite sur les layons, à l’aide d’une abatteuse, et les rémanents disposés au sol permettront de limiter les tassements et les créations d’ornières dans les cloisonnements.
• Utiliser de préférence des machines munies de tracks (chenilles montées sur pneus) pour diminuer les risques de tassement.
• La vidange des grumes, du bord des layons jusqu’à l’aire de dépôt, est réalisée par la débardeuse.
• Commencer la vidange tant que l’abatteuse est encore sur place, afin de permettre une coopération ou une entraide si besoin pour faciliter la manipulation des gros bois et donc de préserver la régénération.




  

  


LE CHEVAL DE TRAIT EN ALTERNATIVE :

Une alternative douce et respectueuse de l'environnement est le débardage effectué à l’aide de chevaux de trait qui malheureusement est pratiquement de plus en plus abandonné au profit de la rentabilité. Il peut cependant remplacer avantageusement l'abattage et le débardage mécanique générant des incidences sur les sols forestiers (pollution, écrasement de la végétation, tassement du sol dû au poids de la machine ce qui est néfaste pour la croissance des arbres à replanter par la suite) et ce spécialement dans les environnements sensibles comme les ruisseaux, rivières et zones humides.





L'ABREUVEMENT DU BÉTAIL EN ZONE NATURA 2000

CONCILIER PRODUCTION AGRICOLE ET PRÉSERVATION DES RUISSEAUX


     

IMPACT SUR LA QUALITÉ DES EAUX :

La rivière et ses abords sont des milieux dont l’équilibre est fragile et instable. L’accès direct du bétail au cours d’eau provoque inévitablement des impacts directs ou indirects sur la faune et/ou la flore suite à la contamination des eaux de surface par les animaux qui accèdent librement aux ruisseaux, défèquent et urinent aux abords et dans l’eau. L'Arrêté Royal du 05/08/1970, Art. 8, a rendu obligatoire la clôture des berges mais les [anciennes] communes qui en avaient fait la demande bénéficient encore aujourd'hui de dérogations.




Actuellement un décret est en préparation à la Région wallonne qui va lever ces dérogations et faire appliquer les obligations de clôture partout. Diverses solutions alternatives à l'abreuvement du bétail devront donc être envisagées par les agriculteurs, telles que les pompes à museau, les abreuvoirs gravitaires, pompe à énergie solaire, abreuvoirs en ruisseau, etc.

L'impact sur la qualité de l’eau varie selon différents facteurs :
• Localisation du point d’abreuvement;
• Taille, nature (bovins, équins, ovins);
• Composition des troupeaux (veaux, génisses, vaches allaitantes);
• Dimension des pâturages;
• Densité d'animaux à l'hectare;
• Berges peu abruptes et ruisseaux de petite taille.


La matière organique et les éléments nutritifs présents dans les déjections animales s’ajoutent à ceux contenus dans les rejets domestiques, industriels et agricoles (lessivage des fertilisants organiques et minéraux ou problème de stockage des effluents). Ils contribuent à l’altération physico-chimique des eaux et favorisent la croissance excessive d’algues et de plantes (eutrophisation). D’autre part, les excréments introduisent des organismes pathogènes (bactéries, virus, champignons, parasites) dans les cours d’eau et peuvent ainsi porter atteinte à certains usages: production d’eau potable, pratique de loisirs aquatiques (baignade, pêche, canoë). Sans accès direct, les déjections animales sont maintenues sur les zones de pâture. Les organismes pathogènes et la matière organique sont plus facilement détruits ou transformés (éléments nutritifs) avant leur éventuelle arrivée au cours d’eau (lessivage). L’accès direct des animaux aux cours d’eau se traduit par la disparition de la végétation des berges et du système racinaire, ce qui provoque :
• L’érosion des berges et des crues plus importantes;
• La disparition d’habitats et de zones ombragées créés par les racines dans le cours d’eau et par les parties aériennes de la ripisylve;
• Une altération de la qualité physico-chimique des eaux.

Les fertilisants et les matières organiques contenus dans le ruissellement ne sont plus filtrés ni consommés par la végétation des berges. Le surpâturage et le piétinement des berges par le bétail peuvent nuire au bon fonctionnement écologique des cours d‘eau. En effet, ces pratiques participent à l’érosion des berges, au colmatage des frayères, à l’envasement des ouvrages (des micro-barrages notamment) et à l’altération de la qualité des eaux.



     

RÔLE DE LA RIPISYLVE :

Définition : Ensemble des formations boisées, buissonnantes et herbacées présentes sur les rives d’un cours d’eau.
• Maintien des berges par le système racinaire;
• Corridor écologique constituant un lieu de vie pour la faune terrestre et aquatique;
• Ombrage limitant le réchauffement des eaux;
• Epuration de l’eau s’écoulant dans les rivières et ruisselant depuis les parcelles;
• Ralentissement des crues;
• Limitation de l’érosion.

Au regard de tous les services rendus par la haie de bord de cours d’eau, il est très important d’en prendre soin et de la gérer de manière adaptée. Sa préservation répond aux enjeux du milieu naturel mais peut également permettre une production de bois non négligeable. La pose de clôtures est la technique la plus efficace pour éloigner le bétail du cours d’eau et ainsi éviter l’impact sur les berges et sur la ripisylve.





RÔLE DES ZONES HUMIDES :

La gestion des zones humides en forêt s’inscrit dans une démarche de protection et de valorisation de la biodiversité et de la ressource en eau, en se basant sur deux objectifs principaux :
• Veiller à maintenir un degré de naturalité optimale : limiter les interventions à des actions de restauration ou de réhabilitation des biotopes concernés;
• Maintenir, voire restaurer la fonctionnalité des milieux humides : éviter toute intervention susceptible de réduire la fonctionnalité de ces biotopes.


Définitions :
• Écotones, espaces de transition, qui remplissent diverses fonctions leur conférant des valeurs biologiques, hydrologiques, économiques et sociologiques remarquables.
• Éponge (zone limite entre terre et eau qui stocke en pleine eau, limite les crues puis restitue en période sèche et limite la sècheresse);
• Filtre épurateur naturel (favorise l'épuration grâce à sa riche biocœnose);
• Alimentation des nappes d'eau souterraines et superficielles;
• Présence d’une diversité biologique remarquable, de nombreuses espèces végétales et animales y sont inféodées.


Mesures de gestion :
• Fermeture des drains encore actifs par des mesures rustiques qui facilitent une bonne intégration paysagère;
• Favoriser la rétention des eaux de ruissellements par les zones humides naturelles;
• Pas de remblais ni de travaux en zone humide ayant pour impact de réduire la surface de la zone humide et/ou d’accentuer l’assèchement de ces milieux;
• Dans certains cas de figure préconiser une gestion adaptée pour réduire le comblement des étendues d’eau naturelles : mares et mardelles;
• Dans les zones humides jugées peu dégrafées, éviter les changements brusques de couverture végétale pour maintenir une ambiance climatique à l’équilibre;
• Réduction des essences allochtones présentes dans l’enveloppe de la zone humide ou en bordure immédiate au profit des essences adaptées;
• Enrichissement possible par plantation (pour favoriser la diversification des essences). Préférer au maximum la régénération naturelle ;
• Sur les litières stériles sous pessière, grattage du sol possible en surface pour favoriser la régénération;
• Travail spécifique sur les lisières en veillant à limiter la pression des essences allochtones;
• Gestion des végétaux exotiques invasifs dans les zones colonisées;
• Lors des chantiers d’exploitation forestière dans ou en bordure des zones humides, utiliser des huiles biodégradables;
• Pas de stockage d’engin dans ou en bordure immédiate de zone humide;
• Adapter les méthodes d’exploitation au contexte humide :
    • Pas de circulation d’engins directement dans la zone humide;
    • Débardage des arbres en entier pour éviter l’abandon de rémanents;
    • Pas de stockage de bois dans la zone humide.




LA CONVENTION DE RAMSAR :

La Convention sur les zones humides d’importance internationale, appelée Convention de Ramsar, est un traité intergouvernemental qui sert de cadre à l’action nationale et à la coopération internationale pour la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides et de leurs ressources. Négocié tout au long des années 1960 par des pays et des organisations non gouvernementales préoccupés devant la perte et la dégradation croissantes des zones humides qui servaient d’habitats aux oiseaux d’eau migrateurs, le traité a été adopté dans la ville iranienne de Ramsar, en 1971, et est entré en vigueur en 1975.
La Convention est le seul traité mondial du domaine de l’environnement qui porte sur un écosystème particulier et les pays membres de la Convention couvrent toutes les régions géographiques de la planète.
La Convention a pour mission: « La conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides par des actions locales, régionales et nationales et par la coopération internationale, en tant que La Convention adopte une optique large pour définir les zones humides qui relèvent de sa mission, à savoir marais et marécages, lacs et cours d’eau, prairies humides et tourbières, oasis, estuaires, deltas et étendues à marée, zones marines proches du rivage, mangroves et récifs coralliens, sans oublier les sites artificiels tels que les bassins de pisciculture, les rizières, les réservoirs et les marais salants.
Profondément ancré dans la philosophie de Ramsar, il y a le concept d’« utilisation rationnelle ». L’utilisation rationnelle des zones humides est ainsi définie : « le maintien de leurs caractéristiques écologiques obtenu par la mise en œuvre d’approches par écosystème dans le contexte du développement durable ». En conséquence, l’« utilisation rationnelle » est au cœur de la conservation et de l’utilisation durable des zones humides et de leurs ressources, dans l’intérêt de l’humanité tout entière.


QUATRE ZONES RAMSAR EN RÉGION WALLONNE :

• 3BE006  0331   Marais d'Harchies (Zone Humide d'Intérêt Biologique des Marais d'Harchies-Hensies-Pommeroeul, située au coeur de la vallée de la Haine).
• 3BE007  1405   Hautes Fagnes;
• 3BE008  1406   Grotte des Emotions, qui fait partie du système hydrogéologique de la Lembrée souterraine (affluent de l'Ourthe).
• 3BE009  1407   Vallée de la Haute-Sûre.


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